Assurance habitation : ce que locataires et propriétaires doivent savoir en 2026

Entre hausse des tarifs, obligations légales renforcées et droits souvent mal connus, l’assurance habitation n’a plus rien d’un sujet secondaire pour les particuliers. En 2025, le marché français comptait 46,1 millions de contrats actifs, avec une prime moyenne qui dépasse désormais les 299 euros par an. Pour les locataires comme pour les propriétaires, comprendre ce que la loi impose, et ce qu’elle permet, devient indispensable.

Qui est obligé de s’assurer, et pourquoi ?

En France, la loi est claire pour les locataires : souscrire une assurance habitation couvrant au minimum les risques locatifs (incendie, explosion, dégâts des eaux) est une obligation légale. Un locataire sans couverture s’expose à devoir assumer seul les frais de réparation en cas de sinistre, mais aussi à une résiliation de son bail. Le propriétaire peut, après mise en demeure par courrier recommandé, souscrire lui-même une assurance au nom du locataire défaillant, avec une majoration de 10 % sur la prime.

Du côté des propriétaires, la situation varie selon le statut. Le propriétaire occupant n’est pas légalement contraint de s’assurer, mais y a tout intérêt. Le copropriétaire, lui, doit obligatoirement disposer d’une responsabilité civile depuis la loi ALUR de 2015 : en cas de défaut, le syndic peut souscrire à sa place, avec la même majoration de 10 %. Quant au propriétaire bailleur non-occupant (PNO), l’assurance n’est obligatoire qu’en copropriété, mais reste fortement recommandée dans tous les cas. Elle couvre notamment les dommages matériels, la responsabilité civile et les litiges avec un locataire, voire la perte de loyers si des travaux rendent le logement inhabitable. À noter : la PNO ne se substitue pas à une garantie loyers impayés (GLI), qui doit être souscrite séparément.

Des tarifs en forte hausse, portés par le risque climatique

En 2025, les cotisations d’assurance habitation ont progressé de 7,5 % sur un an selon France Assureurs, et les tarifs ont bondi de 13 % en un an, passant de 274 à 310 euros annuels en moyenne. Ce mouvement s’explique en grande partie par la revalorisation de la surprime catastrophes naturelles, passée de 12 % à 20 % au 1er janvier 2025 : cette surprime s’applique à tous les contrats, locataires et propriétaires confondus. Le coût des sinistres climatiques atteint désormais 6 milliards d’euros par an en moyenne depuis 2020, dont 2,2 milliards rien que pour la grêle en 2025. Pour 2026, une nouvelle hausse de l’ordre de 8 % est anticipée, avec des disparités régionales croissantes selon l’exposition aux risques naturels.

Face à ce contexte, les dégâts des eaux restent le sinistre le plus courant : ils représentent 55 % des déclarations, soit plus de 4 160 cas déclarés chaque jour en France.

Résilier, changer d’assureur : des droits souvent sous-exploités

La loi Hamon offre une souplesse utile : dès lors qu’un contrat d’assurance habitation a plus d’un an, il est possible de le résilier à tout moment, sans frais ni justification. C’est le nouvel assureur qui se charge des démarches auprès de l’ancien, et la nouvelle couverture prend effet un mois après la notification. En cas de déménagement, la résiliation est possible immédiatement, même avant le premier anniversaire du contrat, car la situation assurée change.

Un dernier point à ne pas négliger côté location : le locataire doit fournir une attestation d’assurance non seulement à l’entrée dans les lieux, mais à chaque renouvellement de bail. 

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